Voici un concentré de l'ambiance d'un film d'animation coréen, paru récemment en DVD, et nommé Wonderful Days. Réalisé par Kim Moon-Saeng il conte l'évoliution d'une société humaine confronté à son image viciée et à sa stérile volonté d'expansion maladive. Possédant une ambiance glauque, parsemée d'instants de paix volés, à la manière de papillons multicolores se laissant porter par le vent chaud après l'orage, il se rapproche dans son côté organico-metallique, d'oeuvres majeures, telles Ghost In The Shell, Akira, Blame, ou encore L'Autre Monde. Concentré de pessimisme jusqu'auboutiste, ce voyage lugubre dans de sombres couloirs âcres aux odeurs glacées se pare d'une réalisation somptueuse, qui n'étonne pas vraiment lorsque l'on sait que la Corée est le pays où tous les grands studios d'animation sous-traitent sans vergogne. Du moins les studios des pays riches, recherchant une qualité financière autant qu'artistique. Quand comprendront-ils que la solution ne réside pas dans une frustration d'animateurs réduits à un travail à la chaîne désarmant ? La culture, et l'art en particulier, ne doivent pas sombrer dans les méandres d'un prise de pouvoir marchand. Réduire ce domaine à une marchandise, en la matérialisant à la façon d'une paire de chaussette conduira simplement à opérer un plongeon dans un gouffre aussi profond que celui où sombrent les institutions sociales pour des raisons analogues. Mais c'est une autre histoire. Tout ça pour dire que Wonderful Days est une expérience à part, qui a fait surgir en chacun l'once d'onirisme qui manque justement à son monde. Loin d'être abouti, ce long-métrage frappe et ouvre quad même des horizons. J'en parlerai davantage bientôt, et vous laisse faire part de vos émotions, si tant est que vous ayez vu ce film, ou tout simplement vos attentes sur les circonvolutions de la S-F ou d'autres choses. En tout cas, une source d'inspiraton flagrante.